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Rapport 2025 sur l'état des transports

février 1, 2025

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Principales conclusions

  • 57 % des expéditeurs déclarent que le coût est un critère essentiel lorsqu'ils choisissent un transporteur
  • 92 % des personnes interrogées estiment que leur entreprise est prête à s'adapter avec agilité aux perturbations futures
  • 87 % des expéditeurs se sont fixé des objectifs de transport liés au développement durable à long terme pour 2025
  • 89 % des transporteurs ont connu des retards dans leur transition vers des carburants alternatifs plus durables

Introduction

L'année 2025 permettra de vérifier si le secteur des transports est capable de trouver le juste équilibre entre résilience et développement durable.

Un renversement attendu du marché du fret, combiné à de nouveaux vents contraires sur les plans gouvernemental et économique, façonne les stratégies des expéditeurs pour les 12 prochains mois. Beaucoup se tournent vers des opportunités de réduction des coûts, ce qui pourrait avoir un impact sur les progrès du secteur des transports en matière de développement durable. Cependant, les dirigeants n’auront pas à choisir entre ces priorités contradictoires s’ils parviennent à tirer parti des solutions de réduction des émissions qui offrent des avantages en termes de compétitivité des coûts.

Afin de comprendre comment les dirigeants du secteur des transports naviguent dans le contexte actuel, Breakthrough a interrogé 500 décideurs du secteur (dont 350 expéditeurs et 150 transporteurs) aux États-Unis. Nous leur avons posé des questions sur leurs objectifs, leurs priorités et leurs prévisions pour les 12 prochains mois afin de mieux comprendre comment le secteur s’adapte aux nouvelles pressions économiques et comment la dynamique du marché a évolué au cours des dernières années. Leurs analyses mettent en lumière les stratégies qui façonneront l’horizon 2025 — de l’équilibre entre coûts et développement durable au renforcement de la résilience des réseaux.

1re partie : Alors qu'un renversement de tendance se profile sur le marché du fret, les coûts sont au cœur des préoccupations

Selon les études économiques et de marché menées par Breakthrough, un renversement de tendance sur le marché du fret devrait s'amorcer au deuxième trimestre 2025.

Même si le passage d’un marché favorable aux expéditeurs à un marché favorable aux transporteurs devrait être progressif, les expéditeurs adaptent d’ores et déjà leurs stratégies en conséquence.

On comprend donc que beaucoup se concentrent à nouveau sur les coûts. Pour plus de la moitié des expéditeurs (57 %), le coût redevient un critère primordial lors du choix d’un transporteur en 2025, après avoir disparu du top 3 en 2024 [Fig. 1].

1Des options de réponse supplémentaires ont été ajoutées en 2024 et 2025 afin de refléter les nouveaux critères apparus en réponse aux évolutions du marché. Les années précédentes, les données avaient été collectées du 2 au 8 janvier 2024 et du 8 au 23 mars 2023.

Figure 1 : Les trois principaux critères pris en compte par les expéditeurs lors de la mise en place de partenariats avec des transporteurs¹
2025 
Blue bullet - 1.svg57 % Coût
Blue bullet - 2.svg48 % Fiabilité des enlèvements et livraisons dans les délais
Blue bullet - 3.svg37 % Horaires d'expédition avantageux
  
2024 
Teal bullet - 1.svg47 % Services complémentaires me permettant de regrouper mes prestataires
Teal bullet - 2.svg46 % Fiabilité des enlèvements et livraisons dans les délais
Teal bullet - 3.svg45 % Capacités technologiques innovantes
Teal bullet - 4.svg45 % Capacités d'expédition utilisant des énergies durables ou alternatives
  
2023 
Green bullet - 1.svg77 % Coût
Green bullet - 2.svg64 % Capacité
Green bullet - 3.svg63 % Fiabilité des enlèvements et livraisons dans les délais
  

Les actions des expéditeurs reflètent l’importance croissante qu’ils accordent à la maîtrise des coûts, alors qu’ils recherchent des opportunités pour optimiser leurs réseaux. Plus de la moitié (55 %) s'attachent à recourir davantage à d'autres modes de transport, tels que le rail et le transport intermodal. Par ailleurs, près de la moitié (47 %) prévoient d'augmenter leurs volumes avec leurs transporteurs stratégiques principaux, contre seulement 39 % qui envisagent de diversifier leurs relations avec les transporteurs [Fig. 2].

Figure 2 : Mesures prises par les expéditeurs pour se préparer au renversement de tendance prévu sur le marché en 2025
Teal Chevron.svg 55 % développent le recours à d’autres modes de transport (par exemple, le rail ou le transport intermodal)
Teal Chevron.svg 52 % s’efforcent d’obtenir à l’avance les tarifs les plus bas possibles
Teal Chevron.svg 47 % augmentent leurs volumes avec leurs transporteurs stratégiques clés
Teal Chevron.svg 47 % mettent en œuvre des outils de prévision avancés pour anticiper la demande avec plus de précision
Teal Chevron.svg 42 % investissent dans les technologies de la chaîne d'approvisionnement pour améliorer la visibilité et l'efficacité
Teal Chevron.svg 39 % diversifient leurs relations avec les transporteurs afin de garantir la capacité
Teal Chevron.svg 36 % s’attaquent aux axes à haut risque de leurs réseaux de transport
Teal Chevron.svg 24 % optimisent leurs itinéraires et regroupent leurs expéditions pour réduire les coûts
   

Cette approche variée reflète les exigences et la stratégie propres à chaque expéditeur en matière de réseau. La décision de diversifier ou de regrouper les transporteurs dépend de facteurs tels que les besoins géographiques, les considérations de capacité et les enjeux liés à la gestion des risques.

Moins d’un quart des expéditeurs (24 %) déclarent optimiser leurs itinéraires et regrouper leurs expéditions pour améliorer la rentabilité. Pour les expéditeurs qui n’ont pas encore mis en place de stratégies, c’est une opportunité manquée à l’approche du revirement du marché. Les variables fluctuantes telles que les prix du carburant et les tarifs du marché au comptant font de l’optimisation des itinéraires et du regroupement des expéditions des stratégies essentielles pour maîtriser les coûts.

Comment les expéditeurs les plus performants évaluent-ils les transporteurs ?

En cas de renversement de tendance sur le marché du fret, une part importante des transporteurs espère utiliser son pouvoir de négociation pour conclure davantage de contrats avec des expéditeurs de premier plan [Fig. 3]. Pour remporter ces contrats, ils devront peut-être prouver que leurs opérations sont financièrement solides.

Parmi les expéditeurs dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 500 millions de dollars, 41 % ont déclaré tenir compte de la stabilité financière d’un transporteur lors de l’établissement d’un partenariat, contre seulement 28 % des expéditeurs dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur ou égal à 500 millions de dollars.

Comment les transporteurs réagissent-ils à un éventuel renversement de tendance du marché ?

Si le marché venait à basculer, les transporteurs s’attendent à voir s’ouvrir de nouvelles opportunités de croissance. Ils prévoient de tirer parti d’un marché favorable aux transporteurs en développant leurs flottes et leurs services (49 %), en signant davantage de contrats avec des expéditeurs haut de gamme (44 %), en augmentant leurs tarifs (43 %) et en diversifiant leur clientèle (43 %) [Fig. 3].

Ces stratégies reflètent la volonté des transporteurs de tirer parti de l’évolution de la dynamique du marché pour renforcer leur position concurrentielle et accroître leur rentabilité.

 
Figure 3 : Mesures que les transporteurs prévoient de prendre si le marché du fret bascule en 2025
    
 Green Chevron.svg 49 % augmenteront la taille de leur flotte ou étendront leurs services
 Green Chevron.svg 44 % signeront davantage de contrats avec des expéditeurs haut de gamme
 Green Chevron.svg 43 % augmenteront leurs tarifs ou renégocieront les contrats avec leurs clients existants
 Green Chevron.svg 43 % diversifieront leur clientèle
 Green Chevron.svg 39 % investiront dans des technologies d’optimisation des itinéraires
 Green Chevron.svg 37 % vont augmenter leur capacité dédiée
    
De nouveaux défis se profilent à l’horizon pour les équipes de transport

Le renversement de tendance attendu sur le marché du fret ne sera pas le seul événement à influencer les stratégies de transport en 2025.

Une part importante des personnes interrogées, tant parmi les expéditeurs que parmi les transporteurs, estime également que les pénuries au sein de la chaîne d’approvisionnement (44 %) et les phénomènes climatiques extrêmes (44 %) pourraient affecter le secteur. De plus, un tiers des personnes interrogées s’attend à ce que des changements réglementaires majeurs (34 %) et des perturbations de la main-d’œuvre dans d’autres secteurs de la chaîne d’approvisionnement (33 %) se concrétisent [Fig. 4].

 2023 State of Transportation Report - 3.png
Figure 4 : Perturbations les plus susceptibles d'affecter le secteur des transports en 2025
Teal Chevron.svg 44 % des personnes interrogées pensent qu’il s’agit des pénuries au sein de la chaîne d’approvisionnement (par exemple, pièces détachées, matériaux ou véhicules)
Teal Chevron.svg 44 % des personnes interrogées pensent qu’il s’agit d’événements climatiques extrêmes (par exemple, tempêtes d’une violence inhabituelle, ouragans, feux de forêt, sécheresse)
Teal Chevron.svg 34 % des personnes interrogées pensent qu’il s’agira de changements réglementaires majeurs (par exemple, normes d’émissions, exigences de sécurité)
Teal Chevron.svg 33 % des personnes interrogées pensent qu'il s'agit de conflits sociaux ou de grèves dans les secteurs connexes (par exemple, les ports, les chemins de fer)
Teal Chevron.svg 27 % des personnes interrogées pensent qu’il s’agit d’un ralentissement économique ou d’une récession
   

La Maison Blanche ayant proposé de nouveaux droits de douane sur les marchandises importées, les volumes de transport nationaux devraient augmenter. Des pénuries au sein de la chaîne d’approvisionnement pourraient survenir à mesure que le marché s’adapte à cette nouvelle dynamique.

À ces défis s’ajoute le risque de problèmes sociaux au niveau national, et les expéditeurs prennent des mesures proactives pour minimiser les perturbations éventuelles. Pour 3 expéditeurs sur 5 (60 %), l’incertitude liée à la main-d’œuvre est une raison supplémentaire de donner la priorité à la diversification de leurs modes de transport [Fig. 5].

Figure 5 : Comment les défis liés à la main-d’œuvre influencent la stratégie de transport des expéditeurs pour 2025
Green Chevron.svg 60 % des expéditeurs s’attachent à diversifier leurs modes de transport afin de renforcer leurs plans d’urgence
Green Chevron.svg 51 % des expéditeurs prennent en compte le bien-être des chauffeurs et des dockers dans leur processus de RFP afin de s’assurer qu’ils s’associent à des transporteurs qui investissent dans leur personnel
Green Chevron.svg 43 % des expéditeurs recherchent des transporteurs disposant d’une expérience spécifique au niveau régional et sur certains axes
Green Chevron.svg 37 % des expéditeurs augmentent leurs budgets de transport pour faire face à d’éventuelles perturbations (par exemple, les surcoûts liés aux perturbations)
   

Une plus grande diversité des réseaux offre davantage d’options de secours en cas de perturbation. Par exemple, certains expéditeurs pourraient envisager de transférer certains axes du rail vers le transport par camion en 2025 afin de maintenir de solides relations avec leurs transporteurs en cas de perturbations du service ferroviaire. D’autres tirent parti des opportunités offertes par des prestataires régionaux spécialisés situés à proximité des ports pour renforcer leur réseau.

Quel est l’impact de la fraude au fret et du vol de marchandises sur les stratégies de transport ?

Bien que la fraude au fret reste un sujet de conversation récurrent, de nombreux responsables du transport considèrent le vol de marchandises et la fraude au fret comme des préoccupations moins immédiates ou moins lourdes de conséquences que d’autres perturbations attendues en 2025.

  • Seuls 31 % des expéditeurs indiquent que la couverture d’assurance contre le vol de marchandises ou la fraude au fret est un critère pris en compte lors de l’établissement de nouveaux partenariats avec des transporteurs au cours des 12 prochains mois.
  • Lorsqu’on leur a demandé quels types de perturbations étaient les plus susceptibles d’affecter le secteur du transport en 2025, seuls 11 % des expéditeurs et des transporteurs ont cité le vol de marchandises.
  • Moins d’un quart (21 %) des expéditeurs et des transporteurs déclarent s’appuyer sur des capacités de détection de la fraude au fret pour rester agiles et adaptables.
Les dirigeants du secteur des transports se sentent prêts et confiants face au changement

L’approche prospective des expéditeurs face aux défis potentiels liés à la main-d’œuvre en 2025 laisse entrevoir une tendance plus générale : les défis de ces dernières années ont rendu les dirigeants du secteur des transports plus adaptables et plus à l’aise pour réorienter leurs stratégies lorsque les circonstances changent.

La plupart des expéditeurs (92 %) estiment que leur entreprise est prête à s’adapter avec agilité aux perturbations futures affectant le secteur des transports. Parmi eux, 37 % estiment que leur entreprise est très bien préparée à ces perturbations [Fig. 6].

Figure 6 : Niveau de préparation des entreprises à s’adapter aux perturbations futures affectant le secteur des transports
Teal Chevron.svg 37 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que leur entreprise est très bien préparée – leur entreprise fait preuve d’une grande agilité
Teal Chevron.svg 55 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que leur entreprise est assez bien préparée – leur entreprise est assez agile
Teal Chevron.svg 7 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que leur organisation est peu préparée – leur entreprise est peu réactive
Teal Chevron.svg 2 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que leur organisation est très mal préparée – leur entreprise est très lente à s’adapter
   

Qu'est-ce qui les rend si résilientes et agiles ?

Parmi les personnes interrogées qui déclarent que leur organisation est assez ou très bien préparée, la moitié (50 %) attribue cette résilience à l’accès à des informations fiables sur le marché, qui leur permettent d’anticiper les changements et les perturbations, et une proportion presque aussi importante (47 %) met en avant un réseau diversifié de partenaires transporteurs ou expéditeurs. Ces partenariats offrent une flexibilité et constituent un rempart face aux défis imprévus, tels que les pénuries de capacité ou les perturbations régionales [Fig. 7].

Plus d’un tiers des personnes interrogées (39 %) ont cité un programme de remboursement des frais de carburant qui s’adapte à l’évolution du marché comme une stratégie importante pour l’agilité de leur organisation [Fig. 7]. Cette approche stabilise les coûts pendant les périodes de volatilité, permettant ainsi aux organisations de maintenir une prévisibilité financière dans un contexte d’évolution des prix du carburant.

Figure 7 : Comment les organisations « très » ou « assez » préparées aux perturbations restent agiles et adaptables
Green Chevron.svg 50 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent que leur organisation utilise les analyses de marché pour anticiper les changements ou les perturbations
Green Chevron.svg 47 % de l’ensemble des personnes interrogées indiquent que leur organisation diversifie son réseau de partenaires transporteurs/expéditeurs
Green Chevron.svg 44 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise dispose de contrats flexibles favorisant l’adaptabilité
Green Chevron.svg 39 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise dispose d’un programme de remboursement des frais de carburant qui s’adapte à l’évolution du marché
Green Chevron.svg 39 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise dispose de données granulaires en temps réel sur chaque itinéraire afin d’identifier les zones à haut risque
Green Chevron.svg 39 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise dispose d’outils d’analyse prédictive permettant d’anticiper les perturbations
Green Chevron.svg 28 % des personnes interrogées indiquent que leur entreprise dispose de solutions d’optimisation du fret basées sur l’IA
Green Chevron.svg 21 % des personnes interrogées déclarent que leur entreprise dispose de capacités ou de stratégies de détection des fraudes liées au fret
   
Conclusion

La diversification est une tendance dominante pour 2025. Les expéditeurs cherchent à diversifier leurs modes de transport et, dans certains cas, leurs partenaires transporteurs, afin de se préparer au renversement de tendance attendu sur le marché. De leur côté, les transporteurs cherchent à tirer parti de cette évolution du marché pour diversifier leur clientèle. Pour ces deux groupes, la collaboration avec un ensemble diversifié de partenaires est un facteur essentiel pour rester résilients face aux perturbations.

2e partie : Les initiatives en matière de développement durable portent leurs fruits, mais les progrès se heurtent à des obstacles en 2025

En 2025, 87 % des expéditeurs se sont fixé des objectifs à long terme en matière de transport durable. Bien que ce chiffre soit en légère baisse par rapport aux 98 % enregistrés en 2024, la grande majorité des expéditeurs continuent de faire de la réduction des émissions une priorité absolue en 2025 [Fig. 8].

Figure 8 : Objectifs des expéditeurs en matière de transport durable
20242025
Teal bullet - 1.svg 63 % Obtenir ou respecter des certifications ou des normes spécifiques en matière de développement durable (par exemple, des objectifs fondés sur des données scientifiques)Green bullet - 1.svg 51 % Obtenir ou respecter des certifications ou des normes spécifiques en matière de développement durable (par exemple, des objectifs fondés sur des données scientifiques)
Teal bullet - 2.svg 60 % Atteindre un pourcentage spécifique de réduction des émissions de gaz à effet de serreGreen bullet - 2.svg 51 % Atteindre un pourcentage spécifique de réduction des émissions de gaz à effet de serre
Teal bullet - 3.svg 50 % Atteindre la neutralité carboneGreen bullet - 3.svg 47 % Atteindre la neutralité carbone
Teal bullet - 4.svg 45 % Atteindre la neutralité carboneGreen bullet - 4.svg 44 % Atteindre la neutralité carbone
Teal bullet - 5.svg 2 % Aucune de ces réponses – nous n’avons fixé aucun objectif à long terme en matière de transport lié au développement durableGreen bullet - 5.svg 13 % Aucune de ces réponses – nous n’avons fixé aucun objectif à long terme en matière de développement durable dans le domaine des transports
      

S'il est clair que le développement durable reste une priorité essentielle pour les expéditeurs, le léger recul observé dans la définition d'objectifs à long terme pourrait être un premier signe indiquant que ces derniers anticipent des pressions sur les coûts liées à la dynamique du marché, ainsi qu'à l'incertitude engendrée par l'arrivée d'une nouvelle administration à la Maison Blanche.

L’attention du gouvernement fédéral s’éloigne de la politique en matière d’émissions pour se tourner vers la politique industrielle, le commerce international et l’immigration. Parallèlement, les consommateurs, qui sont également un moteur des actions des entreprises en matière de développement durable, restent préoccupés par le coût élevé des produits. En conséquence, les expéditeurs pourraient subir moins de pression pour mettre en avant leurs engagements en matière de développement durable.

Mais quelle que soit la cause profonde, retarder ou minimiser l’importance du développement durable constitue une approche à courte vue pour les expéditeurs américains. Beaucoup opèrent à l’échelle mondiale et doivent encore démontrer leurs progrès en matière de réduction des émissions sur les marchés européens. De plus, prendre du recul par rapport au développement durable pourrait placer les expéditeurs dans une position désavantageuse par rapport à leurs concurrents qui continuent de donner la priorité au développement durable dans leurs stratégies de fret.

Il est trop tôt pour dire comment cette tendance va évoluer. En attendant, la part des expéditeurs ayant des objectifs de développement durable en matière de transport s'appuie sur diverses tactiques et stratégies pour faire bouger les lignes.

Hormis le suivi des émissions de transport de scope 1 provenant des actifs contrôlés par l’entreprise — une mesure prise par 52 % des expéditeurs —, il n’existe pas de consensus clair sur la manière de progresser en matière de développement durable. Diverses mesures sont envisagées, allant du suivi des émissions de transport de scope 3 (38 %) à la conclusion de contrats avec des transporteurs plus durables (37 %) en passant par l’augmentation de l’utilisation des énergies alternatives (30 %) [Fig. 9].

 2024 State of Transportation Report - 2.png
Figure 9 : Principales mesures de développement durable mises en œuvre par les expéditeurs ayant fixé des objectifs de transport liés au développement durable
Teal Chevron.svg 52 % Suivi des émissions de transport de scope 1 (c'est-à-dire les émissions directes provenant des actifs contrôlés, comme les camions exploités par l'entreprise)
Teal Chevron.svg 38 % suivent les émissions de transport de scope 3 (c’est-à-dire les émissions indirectes en amont et en aval, telles que celles des transporteurs, des prestataires logistiques tiers (3PL) ou des fournisseurs)
Teal Chevron.svg 37 % suivent les émissions de transport de scope 2 (c’est-à-dire les émissions indirectes liées à l’énergie achetée, telles que la consommation d’électricité dans les installations)
Teal Chevron.svg 37 % font appel à des transporteurs plus durables (par exemple, certifiés SmartWay)
Teal Chevron.svg 36 % Optimiser les itinéraires pour réduire au minimum les distances parcourues
Teal Chevron.svg 31 % Donner la priorité aux formations destinées à votre équipe de transport afin qu’elle en apprenne davantage sur les options énergétiques alternatives et leurs impacts
Teal Chevron.svg 31 % Regrouper ou optimiser les expéditions/le chargement
Teal Chevron.svg 30 % Accroître l’utilisation des énergies alternatives (par exemple, véhicules électriques, biodiesel, hydrogène)
   
Une opportunité manquée : intégrer la durabilité dans le processus de RFP

Seuls 14 % des expéditeurs déclarent inclure des exigences en matière d’énergies alternatives dans leurs demandes d’informations (RFI) ou leurs appels d’offres (RFP). Pour les expéditeurs qui souhaitent limiter leur consommation de diesel, les RFI et les RFP constituent des outils essentiels pour influencer les pratiques des transporteurs et attirer des partenaires innovants et tournés vers l’avenir. De même, alors que 38 % des expéditeurs se sont engagés à réduire leurs émissions de scope 3, les transporteurs ont l’opportunité de se démarquer en soutenant de manière proactive les efforts de développement durable de leurs clients.

Qu’est-ce qui explique la diversité des approches des expéditeurs ?

En 2024, la disponibilité et l’accessibilité financière des carburants alternatifs ont progressé, en partie grâce aux subventions accordées dans le cadre de la loi bipartisane sur les infrastructures et aux crédits d’impôt prévus par la loi sur la réduction de l’inflation. Ces mesures législatives ont soutenu des programmes tels que le crédit fédéral pour les installations de ravitaillement en carburants alternatifs (Alternative Fuel Vehicle Refueling Property Credit) et des initiatives au niveau des États, comme la norme californienne sur les carburants à faible teneur en carbone (Low Carbon Fuel Standard) et le programme d’incitation par bons d’achat pour les véhicules hybrides (Hybrid Voucher Incentive Program, HVIP).

De nombreux expéditeurs ont tiré parti de ces programmes pour commencer à utiliser des carburants alternatifs dans les régions où ceux-ci sont disponibles. Cependant, l’infrastructure dédiée aux énergies alternatives restant encore limitée aux États-Unis, ils expérimentent parallèlement toute une série d’autres stratégies en matière de développement durable.

La diversité des stratégies mises en œuvre par les expéditeurs rappelle également que les progrès en matière de développement durable nécessitent une approche globale. Les expéditeurs qui optimisent le remplissage des chargements, la planification des itinéraires et la sélection des transporteurs, parallèlement à l’adoption des énergies alternatives, enregistreront les progrès les plus importants au regard de leurs indicateurs de développement durable, tout en conservant une bonne rentabilité.

Cette approche multiforme, qui consiste à recourir à un large éventail de stratégies, semble porter ses fruits. Les expéditeurs qui se sont fixé des objectifs de transport liés au développement durable indiquent qu’ils réalisent des progrès significatifs. Presque tous les expéditeurs (97 %) ont réalisé des progrès vers la réalisation de leurs objectifs. Plus de la moitié (52 %) déclarent avoir réalisé des progrès importants, voire exceptionnels [Fig. 10].

 
Figure 10 : Évaluation par les expéditeurs ayant des objectifs liés au développement durable de leurs progrès au cours des 12 derniers mois

5 - Progrès
exceptionnels 11 % - Nous avons atteint ou dépassé nos objectifs de développement durable et poursuivons désormais des objectifs plus ambitieux

4 - Progrès
importants 41 % - Nous avons lancé des initiatives majeures et réalisé des avancées significatives vers la réalisation de nos principaux objectifs de développement durable

3 - Progrès
modérés 37 % - Nous avons pris des mesures concrètes dans le cadre d’initiatives spécifiques, ce qui a permis certaines améliorations

2 - Progrès
limités 8 % - Nous avons déployé des efforts initiaux, tels que la définition de repères, mais n’avons pas mis en œuvre de changements

1 - Aucun progrès
3 % - Nous n’avons pris aucune mesure concernant les objectifs de transport liés au développement durable

   
Comparaison des approches des transporteurs en matière de développement durable

À l’instar des expéditeurs, les transporteurs adoptent une approche multidimensionnelle de la réduction des émissions, sans qu’une tactique particulière ne domine clairement leurs stratégies.

Ils misent notamment sur la technologie et la modernisation de leurs équipements, ce qui leur permet d’améliorer le rendement énergétique de leurs flottes. Le suivi des émissions de transport de scope 1 provenant des actifs contrôlés (43 %) est la mesure la plus courante, suivie de près par la modernisation vers des équipements plus économes en carburant (41 %), la mise en œuvre de technologies économes en carburant dans les véhicules (39 %) et l’optimisation de la planification des itinéraires pour minimiser la consommation de carburant (39 %) [Fig. 11].

Figure 11 : Mesures prévues par les transporteurs pour réduire leurs émissions d’ici 2025
Teal Chevron.svg 43 % Suivi des émissions de transport de scope 1 (c’est-à-dire les émissions directes provenant des actifs contrôlés, comme les camions exploités par l’entreprise)
Teal Chevron.svg 41 % Remplacer les équipements anciens par des équipements plus récents et plus économes en carburant
Teal Chevron.svg 39 % Mettre en œuvre des technologies permettant de réduire la consommation de carburant dans nos véhicules (par exemple, la télématique, l’aérodynamique des remorques, etc.)
Teal Chevron.svg 39 % Optimiser la planification des itinéraires pour minimiser la consommation de carburant
Teal Chevron.svg 34 % Intégrer des véhicules électriques à batterie à notre flotte
Teal Chevron.svg 34 % Effectuer un entretien régulier pour garantir des performances optimales des véhicules
   

Mais dans l’ensemble, la réduction des émissions est étroitement liée aux coûts. Le prix constitue à la fois une incitation et un obstacle au développement durable pour les transporteurs.

Du côté positif, deux tiers des transporteurs (67 %) affirment que les économies réalisées constituent un moteur de leurs efforts en matière de développement durable [Fig. 12]. Cela reflète la compétitivité croissante des carburants alternatifs, tels que le diesel renouvelable et le gaz naturel renouvelable, par rapport au diesel pétrolier traditionnel, en particulier là où des programmes d’incitation sont disponibles.

Figure 12 : Principaux facteurs motivant les efforts de développement durable des transporteurs
Green Chevron.svg 67 % Réductions de coûts
Green Chevron.svg 50 % Objectifs de réduction des émissions
Green Chevron.svg 50 % Demande des expéditeurs/consommateurs
Green Chevron.svg 38 % Exigences réglementaires
Green Chevron.svg 34 % Pression pour rester compétitifs face à la concurrence
   
Quelle est l’ampleur réelle de l’opportunité que représentent les véhicules électriques ?

Un tiers des transporteurs (34 %) déclarent prévoir d’intégrer des véhicules électriques à batterie (VE) à leur flotte d’ici 2025 [Fig. 11]. Mais ne vous attendez pas pour autant à voir déferler dès maintenant une vague de semi-remorques électriques sur les autoroutes.

La majorité des infrastructures de recharge pour véhicules électriques aux États-Unis ne prend en charge que les véhicules électriques particuliers et utilitaires légers. Cela signifie que, dans le secteur des transports, l’adoption des véhicules électriques reste concentrée sur les camions légers et les véhicules électriques de classe 8 qui retournent chaque jour au Depot.

Pourtant, malgré quelques avancées dans certains domaines, les projets des transporteurs visant à adopter des carburants alternatifs plus durables ont pris du retard par rapport aux attentes. La majorité des transporteurs (89 %) ont rencontré au moins un obstacle à l’utilisation de carburants alternatifs plus durables dans l’ensemble de leur flotte.

Pour plus de la moitié des transporteurs (57 %), le coût initial élevé des véhicules électriques, des véhicules fonctionnant au gaz naturel renouvelable et d’autres équipements utilisant des carburants alternatifs a constitué un frein à leur adoption. Un tiers (33 %) indique que l’accès limité aux énergies alternatives dans leur zone de desserte ou le long de leurs itinéraires a également constitué un facteur limitant. Environ un tiers (31 %) précise également qu’il devrait facturer davantage aux expéditeurs pour utiliser des équipements fonctionnant aux énergies alternatives, mais que ces derniers ne sont pas disposés à accepter des hausses de tarifs [Fig. 13].

2024 State of Transportation Report - 3.png
Figure 13 : Principaux facteurs retardant l’adoption par les transporteurs de carburants alternatifs plus durables
Green Chevron.svg 57 % Coût initial élevé / investissement en capital requis
Green Chevron.svg 33 % Disponibilité limitée en énergies ou carburants alternatifs dans ma région ou le long de nos itinéraires
Green Chevron.svg 31 % Les expéditeurs n’acceptent pas les hausses de tarifs liées à l’utilisation d’équipements fonctionnant à l’énergie alternative
Green Chevron.svg 29 % Manque d’infrastructures publiques de recharge pour les véhicules électriques lourds
Green Chevron.svg 27 % Incertitude quant aux futures réglementations et politiques
Green Chevron.svg 27 % Disponibilité limitée des équipements fonctionnant aux énergies alternatives
   
Conclusion

Le développement durable restera une priorité pour les expéditeurs et les transporteurs en 2025, mais d’autres défis pourraient retarder les progrès ou détourner l’attention. En particulier, les pressions sur les coûts pourraient empêcher les expéditeurs de se fixer des objectifs de réduction des émissions plus ambitieux et continuer à freiner l’adoption des énergies alternatives là où le coût constitue déjà un obstacle. À long terme, les énergies alternatives devront être compétitives par rapport au diesel pour que leur adoption à grande échelle soit envisageable, même parmi les expéditeurs ayant pris des engagements fermes en matière de développement durable.

Sur quoi se concentrent les efforts en matière d’énergies alternatives ?

Les acteurs clés du secteur des transports privilégient les sources d’énergie alternatives là où le matériel est accessible et où les coûts de carburant sont compétitifs par rapport au diesel. Les alternatives au diesel sont plus largement disponibles en 2025 que jamais auparavant, mais il faudra du temps et des investissements continus pour atteindre une masse critique.

Les trois principales priorités en matière d’énergies alternatives pour les expéditeurs et les transporteurs
  1. Véhicules électriques
  2. Gaz naturel renouvelable (GNR)
  3. Diesel renouvelable

Tracer la voie vers un avenir durable et agile

En 2025, la réussite dépendra de la capacité des acteurs clés du secteur des transports à mettre en œuvre des initiatives de développement durable percutantes, tout en respectant les impératifs de réduction des coûts. Grâce à un ensemble de stratégies progressives bien choisies — allant de l’optimisation des itinéraires basée sur les données à l’adoption stratégique de carburants alternatifs —, le secteur des transports pourra continuer à renforcer sa dynamique de réduction des émissions malgré les incertitudes économiques.

Dans le même temps, tant les expéditeurs que les transporteurs doivent continuer à privilégier la diversification des modes de transport et des partenariats afin d’atténuer les risques et de s’adapter aux perturbations. L’agilité sera essentielle, car des perturbations inattendues continueront de façonner le secteur, parallèlement à un renversement du marché du fret.

Breakthrough propose les solutions basées sur les données dont les responsables du transport ont besoin pour optimiser leur efficacité opérationnelle et réduire leurs coûts, tout en restant en phase avec leurs objectifs de développement durable. De l’analyse comparative avancée du fret aux informations de marché en temps réel, Breakthrough fournit aux expéditeurs les outils nécessaires pour faire face aux perturbations, s’adapter aux évolutions du marché et obtenir des résultats mesurables.

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U.S. Supreme Court IEEPA Decision

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